| Gardenia taitensis, RUBIACÉES | Société, Tahiti : | tiare tahiti |
| Fleur nationale de Tahiti | Tuamotu, Gambier : | tiare tahiti |
| appelé aussi tahitian gardenia, tiare | Australes : | tiare tahiti |
| Indigène | Marquises : | tiare tahiti |
OrigineLe Tiare Tahiti est originaire du Pacifique et probablement plus précisément de Micronésie. Emmenée par les polynésiens lors de leur migration, le tiare se maintient grâce à l’action de l’homme, par marcottage. En effet, la variété la plus courante à Tahiti ne produit pas de graines. Répartition Présente dans toutes les îles du Pacifique. Ecologie C’est dans les calcaires coralliens que le tiare se développe le mieux, il se plaît particulièrement le long des rivages. Description Petit arbuste aux branches cassantes, couvertes de feuilles ob-ovales, brillantes, portant des fleurs aux pétales d’un blanc éclatant, disposés en étoile, dégageant un parfum très suave. Le nombre de division du calice est de trois ou quatre. Celui des pétales est encore plus variable, de cinq à neuf. Il y a concordance entre le nombre des divisions de la corolle et celui des étamines : les fleurs à 7 pétales ont 7 étamines. Il existerait deux variétés de Tiare Tahiti : l’une assez rare, à fleurs plus courtes et pétales plus larges donnant des graines, l’autre plus courante, n’en donnant pas. Les Tiare Tahiti sont hermaphrodites et possèdent un pistil et des étamines. Le Tiare fleurit toute l’année. UsagesVéritable emblème de Tahiti, cette délicate fleur blanche, au parfum doux et enivrant, ce petit arbuste toujours fleuri, aux feuilles très brillantes, est planté par pratiquement tous les Tahitiens pour son aspect décoratif. Placées sur l’oreille, piquées dans les cheveux, réunies en colliers ou en couronnées, les fleurs de Tiare Tahiti sont l’ornement journalier des vahine, des danseurs et danseuses. Le tiare est utilisé couramment dans la médecine traditionnelle pour ses vertus calmantes, et en cosmétologie, puisqu’il est une des composantes entrant dans la préparation du mono’i de Tahiti, qui s’obtient par la macération des fleurs dans l’huile de coco purifiée. Légende du Tiare Tahiti La tiare maohi est appelée aujourd’hui tiare tahiti. Cette fleur était la favorite des dieux de la création. Créée par Atea, aidée de Täne, dieu de la beauté, elle devint un sujet de convoitise et de disputes dans le deuxième ciel. En voyant cela, Ta’aroa fit venir Atea et Täne et leur dit : - Montrez-moi cette merveille qui fait naître tant de convoitise dans mon royaume. Et Atea ouvrit ses mains et la chose apparut. Elle était si belle que Ta’aroa s’écria : Tu es la plus belle créature de ma création. En voyant ces dieux, la tiare s’inclina gracieusement devant exu, et Ta’aroa lui dit : - Je te bénis entre toutes mes créatures, et tu seras la reine de toutes. S’adressant à Atea et à Täne, il leur dit : - Prenez la et partez au-delà du dixième ciel. Et Atea pour la mettre en lieu sûr appela Ro’o qui était l’une des divinités principales, enfanté par un nuage qui se nomme Rupehu (nuage épais) qui fut aussi le compagnon et le messager de Täne. La naissance des corps célestes Lorsque Rua-tupua-nui qui était à l’origine de la création prit pour femme Atea au grand pouvoir qui s’étend de l’Est à l’Ouest et de la terre au ciel, son esprit remplissait l’espace. Atea-o-nui (Atea au grand commandement) engendra les étoiles du firmament dont les étoiles filantes, la lune et les constellations qui se trouvent dans le Nord. L’espace fut nommé Tumu (à l’origine du commencement). Atea et l’esprit qui y régnait furent personnifiés. Ils agrandirent la terre et l’espace et l’isolèrent du monde inférieur. Les forêts et les plantes nourricières poussèrent et la vie apparut sur terre et dans la mer. Durant cette période de grande nuit naquit l’illustre famille des demi-dieux. Pour la survie de sa créature qui était dans les mains de rupehu (nuage épais), Atea qui avait créé les trois sphères : rani-po ( la région sous-terraine et sous-marine) ; rani-marama ( le monde dans lequel nous vivons) et rani-reva ( le ciel au dessus de nos têtes), descendit dans la région sousterraine et sous-marine pour voir la reine des sirènes qui se nomme Mihia-i-te-tai (pensées qui vont vers la mer). Celle-ci avait eu des relations avec Rä-hotu-i-te-ra’i, fils du soleil. Atea lui dit : - Veux-tu prendre en ton sein le plus belle créature que les dieux ont créée ? Et Mihia-i-te-tai se souvint des paroles de Rä-hotu-i-te-ra’i « notre enfant sera la plus belle créature du monde, elle aura tant d’amour dans son coeur qu’elle en donnera à d’autres ; elle sera un sujet de convoitises et de disputes pour les dieux ». Les larmes de Mihia-i-te-tai coulèrent doucement sur ses joues, c’était la plus grande récompense qu’elle pouvait avoir des dieux. Mihia-i-te-tai accepta d’être la mère de cette création du dieu Atea lequel était heureux d’avoir trouvé quelqu’un qui portera en son sein sa progéniture. Son esprit remplissait l’espace de joie. Atea demanda à Ro’o de lui rendre la chose puis la remit à Mihia-i-te-tai qui s’écria : - Quel est son nom ? Atea lui dit : - Elle portera le nom de te Aho Purotu (souffle de beauté). Et Atea se retira de la sphère souterraine et sous-marine pour retourner dans la sienne, le dixième ciel. Il attendit plusieurs lunes puis revint avec toutes les étoiles du firmament ; feti’a pao (étoile filante) ainsi que marama (lune) étaient du voyage. Mihia-i-te-tai les attendait sur la terre. La chose avait germé. Atea décida qu’il était temps de lui rendre sa liberté. Il appela Pä’a hiohio(tourbillon) et lui ordonna de creuser la terre. Pä’ahiohio fit un trou et la créature pût être libérée de Mihia-i-te-tai qui la remit dans les bras de la nature : la terre, sa seconde mère. Quand tout fut terminé, Atea leur dit : - Aujourd’hui cette chose est devenue une plante, mais l’esprit des dieux restera en elle, les quatre premiers bourgeons appartiendront aux dieux et les six autres fleurs seront pour les hommes. Et il en fut ainsi, puis il ajouta : - Maintenant qu’elle est dans la terre, elle ne portera plus le nom de te Aho purotu. Elle portera désormais le nom de te tiare a te nünaa mäo’hi. Aujourd’hui, le nom de cette fleur est passé de la tiare mäo’hi à la tiare tahiti. Quand les hommes de la mer montèrent à la surface de la terre, ils virent que cette plante les attendait. Dans la Polynésie d’autrefois, cette fleur était sacrée, seuls les rois et les princes avaient le droit de la cueillir. Dans les temps anciens, les hommes se servaient de cette fleur uniquement pour l’amour. Quand les hommes de haut-rang se mariaient, leur maison et leur couche étaient tapissées de cette fleur pendant trente jours. Le parfum de ces fleurs entassées en grande quantité dans un seul lieu donne aux amoureux le secret de la plénitude du dieu Atea, qui s’empressait de les transporter vers son dixième ciel et le cycle de la vie se poursuit malgré nous. |