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Kava
Piper methysticum, PIPÉRACÉES Société, Tahiti : 'ava-awa-aua-kawa
Plante à boisson rituelle ava maohi Tuamotu, Gambier :  

Australes :  
Introduct ion polynésienne Marquises : ava-kava-kawa-kawa atua
Origine
Originaire du Vanuatu, le kava a été dispersé par les navigateurs polynésiens et mélanésiens dans toutes les îles qu'ils ont colonisées.

Répartition
Le kava est une plante qui a du mal à subsister après l'abandon de sa culture Elle existe aux Marquises à Fatu Hiva et Nuku Hiva et dans l'archipel de la Société à Raiatea et Tahiti.

Ecologie
Devenue très rare elle se maintient dans quelques vallées humides et ombragées de basse ou moyenne altitude, en sous bois de forêt. A Tahiti elle pousse dans les forêts à Pürau et Mara (hibiscus et neonauclea). Autrefois, cultivé avec soin, il existait de nombreuses variétés de ava se distinguant par la qualité plus ou moins enivrante des racines, la coloration, la hauteur et le diamètre de la tige, la longueur des entrenoeuds, la nuance des feuilles. On choisissait un terrain un peu en pente où l'eau ne puisse stagner car un excès d'humidité amoindrit les propriétés de la racine. Un des coins de la plantation était réservé aux varua ino (mauvais esprits), l'autre aux Atua (dieux), pour se les rendre favorables les boutures ainsi consacrées devenaient tabu et étaient marquées par une petite lanière d’écorce pour les reconnaître.

Description
Herbe pérenne dioïque de 1 à 5 m de hauteur selon les variétés et de 1 à 6 cm de diamètre à la souche tubérisée et à base plus ou moins ligneuse, dont les ramifications souvent en zigzag portent des noeuds renflés pourpres ou noirs. Feuilles alternes, simples, à limbe ovale de 13,3 à 27,3 cm de long et 10,4 à 22,7 cm de large cordiformes Entières, cordiformes, de 8 à 25 cm de long pétiole 2à 6 cm. Espèce dioïque. Inflorescences opposées aux feuilles. Fleurs unisexuées, petites, sans calice ni corolle, sessiles. Fruits et graines inexistants.
Racines de 1 à 2 kg pouvant atteindre 10 kg, recouvertes d un épiderme gris, elle est pleine, généralement blanche intérieurement, parfois jaune citron (variété marea), mâchées à l état frais elle sont d abord douces et aromatiques puis elles deviennent amères, âcres et piquantes. Elles provoquent une salivation abondante et, au bout de quelques instants, une sensation de brûlure à la langue. La boisson produite est riche en fibres, amidon, et en minéraux (K,Ca, Mg, Fe, Zn, Mn) et en protéines (3,6%).

Usages
Les Polynésiens ne connaissaient, avant leur contact avec les Européens, qu’une seule boisson enivrante : le ava ou kava. C’étaient les jeunes filles, ou à défaut les jeunes gens qui mâchaient les racines. On choisissait ceux qui avaient les plus belles dents. Ils se lavaient préalablement la bouche et les mains. Ils n’employaient que des racines fraîches qu ils mastiquaient lentement pour obtenir un bol homogène. Ces amas fibreux, jaunes et imprégnés de salive étaient réunis dans un grand plat de bois (‘umete) et délayés dans une quantité d eau déterminée en les pressant avec la main. Ce mélange achevé, les parcelles ligneuses flottant dans le liquide s enlevaient au moyen d une poignée de filaments obtenus en écrasant et en étirant les hampes vertes et tendres du mo’u. Promenés avec soin et à plusieurs reprises par tout le liquide, ces filaments emprisonnent les débris fibreux et bientôt, il ne reste plus en suspension dans celui-ci qu’une assez forte proportion de fécule.
Le breuvage était servi peu de temps après sa préparation, sans qu on lui fasse subir la moindre fermentation. Sa couleur rappelle celle du café au lait. Sa saveur est d’abord douce, puis piquante et amère.
La mastication du Kava n’est pas indispensable ; les racines au lieu d’être mâchées, sont broyées dans un mortier au moyen d’un pilon, puis la pulpe est délayée dans l’eau. Mais ce broyage des racines est un travail long et pénible, surtout s’il s’agit de grandes quantités et la mastication représentait un moyen rapide, sinon élégant d’obtenir le même résultat. Le ‘ava se buvait dans une coupe faite dune moitié de coco. Les femmes en faisaient rarement usage.

L’usage du kava avait complètement disparu à Tahiti vers 1860 et aux Marquises vers 1925, prohibé par les missionnaires, il fut remplacé par des alcools de contrebande ou de vins de fruits préparés clandestinement au fond des vallées, selon les méthodes apprises des navigateurs.
Aujourd´hui le Kava reste la boisson d’alliance dans beaucoup d´îles d'Océanie, mais il est préparé le plus souvent â partir de racines séchées conditionnées en sachet, comme le thé et la boisson obtenue est sans effets apparents.

Sources : G.Cuzent, P. Pétard , J. Florence