| Colocasia esculenta, ARACÉES | Société, Tahiti : | taro |
| Plante alimentaire | Tuamotu, Gambier : | taro |
| appelé aussi dasheen | Australes : | taro |
| Introduction polynésienne | Marquises : | taro |
OrigineLa plante semble originaire d'Asie, mais s'est répandue dès l'époque préhistorique dans toute l'Océanie et dans l'Amérique tropicale. Répartition Avant l'arrivée des européens, le taro était avec le ‘uru et la banane le principal aliment des polynésiens. Dans chaque île existaient de très nombreuses variétés, dont beaucoup ont disparu. Ecologie Les tarodières recouvraient non seulement les bas-fonds humides, mais aussi les flancs des collines, transformés en terrasses et irrigués par captation et détournement de torrents. Description C'est une plante herbacée, vivace par son rhizome tubéreux, qui forme une corme, tubercule d'aspect écailleux, à peau épaisse, résultant de l'épaississement souterrain de ce rhizome. Les feuilles à longs pétioles, longues de 60 à 70 cm, peltées, à limbe cordiforme ou sagitté, sont assez décoratives. L'inflorescence cylindrique enveloppée d'une longue spathe est le spadice caractéristique des Aracées. Les fruits sont de petites baies uniloculaires. La multiplication du taro se fait par division du tubercule, en conservant un oeil par fragment. Le tubercule une fois déterré se conserve assez mal. Le tubercule est relativement riche en amidon (environ 30 à 33 %), mais pauvre en protéines (1 à 2 %) et en lipides. Cru, il est amer et irritant à cause de la présence de cristaux d'oxalate. Il faut bien le cuire pour éviter ce désagrément. Usages Aujourd’hui encore, le taro est très apprécié des Polynésiens. Il est cultivé dans les terrains marécageux proches des villages. Pour établir une plantation, on utilise les jeunes pousses provenant des vieux pieds (sommets des rhizomes coupés à 2 cm au dessous des feuilles en laissant aux pétioles une longueur de 40 cm), que l on pique dans la vase dans des trous de 20 cm de profondeur, espacés de 80 cm. La récolte a lieu au bout de 8 à 14 mois. Les tubercules et les parties aériennes à l état cru sont très irritants, parce qu’ils renferment un suc âcre et vésicant qui est décomposé à la cuisson. On consomme également les jeunes feuilles (pota) et les jeunes tiges (fafa) de la plante. On les hache, on les délaie avec du lait de coco. La pâte obtenue est cuite au four, servie avec la volaille ou le petit cochon rôti. Un naufragé Hawaiien, appelé Tueni enseigna aux Marquisiens, il y a douze générations, la façon de conserver le taro sous forme de pâte fermentée, appelée popoi. Pour préparer la popoi sèche, les taro cuits sont fortement comprimés de manière à obtenir une masse mole qui est enveloppée dans des feuilles de tï. Elle peut se conserver plusieurs mois. La popoi ordinaire, la plus employée, s’obtient en écrasant les tubercules cuits au préalable, pelés et additionnés d'une petite quantité d’eau. Cette bouillie épaisse est passée pour éliminer les fragments non broyés et les amas de fibres. Elle est enveloppée dans des feuilles de tï ou de bananier et abandonnée dans un endroit frais. Bien elle préparée, elle peut se conserver jusqu a trois semaines. |