ÉVÈNEMENT GARTUIT
22ème Éditions
Soutenue par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Culture et la Mission aux Affaires Culturelles (Mac), la 22ᵉ édition de la Nuit des Musées se déroulera le samedi 23 mai 2026 à partir de 18h00 à Te Fare Iamanaha – Musée de Tahiti et des Îles.
Célébré depuis 2012, ce rendez-vous culturel s’inscrit cette année dans le programme de célébration de Matari’i i raro qui débute le 20 mai. Ces festivités marquent l’arrivée de la saison fraîche en Polynésie, synonyme d’un temps de sobriété et de retenue alors que les ressources se raréfient. À cette occasion, Te Fare Iamanaha propose une soirée mêlant transmission, réflexion et partage.
Lors de cette immersion nocturne, le public pourra observer les collections permanentes et l’exposition temporaire sous un angle différent. Le parcours de visite sera enrichi d’une programmation avec des performances musicales, des ateliers créatifs et une projection du FIFO hors les murs.
En partenariat avec le Conservatoire (CAPF) et son atelier lyrique mené par Peterson Cowan, et l’École de danse Annie Fayn, un spectacle mêlera chant lyrique, poésie et danse. « L’archipel des mots : le sacre de l’invisible entre terre et étoiles » sera présenté au public dans le patio et le hall d’accueil du musée.
PROGRAMME
MATARI’I I RARO
Dans la Polynésie ancienne, l’observation des Pléiades rythment la vie des populations. Le calendrier traditionnel divisait l’année en deux saisons :
- Matari‘i i ni‘a (saison de l’abondance) : En novembre, l’apparition des Pléiades dans le ciel marque le début de Tau ‘auhune. C’est le temps de la récolte, de la croissance et de la générosité de la nature.
- Matari‘i i raro (saison de la disette) : Autour du 20 mai (le mois de Au-unuunu), les Pléiades disparaissent sous l’horizon. On entre alors dans Tau o‘e, une période où les ressources deviennent plus rares.
Un nouveau cycle
En limitant les activités (agriculture, chasse et pêche), la société permettait à la terre et à l’océan une phase de sommeil et de régénérescence. Ce retrait de l’homme face à la nature garantissait la pérennité des ressources pour le cycle suivant.
Comme le notaient les premiers observateurs (tels que Moerenhout), les grandes cérémonies publiques s’arrêtaient. Les membres des ‘Arioi suspendaient leurs activités et entraient dans une période de deuil. Les prêtres, quant à eux, se retiraient dans les marae pour prier et offrir des présents aux esprits afin de préparer le retour de la fertilité.
Cette période de retrait favorisait l’apprentissage et la transmission orale. C’était le temps privilégié pour les récits, l’enseignement des savoirs anciens et le partage des connaissances.
La vie sociale ne s’arrêtait pas, elle se déplaçait vers l’artisanat domestique. Ce temps de pause pour la nature, était mis à profit pour l’entretien du matériel. On réparait les filets, on taillait les hameçons et on préparait les sols. L’entretien des outils était essentiel pour être prêt à recevoir l’abondance.
Matari‘i i raro constitue une étape fondamentale pour l’équilibre et la pérennisation du patrimoine immatériel de la Polynésie.
PARTENAIRES
La Nuit des Musées est rendue possible grâce à l’implication et au soutien de partenaires institutionnels et culturels engagés dans la valorisation du patrimoine polynésien. Ensemble, ils contribuent à faire de la Nuit des Musées un événement accessible, fédérateur et ancré dans la richesse culturelle de la Polynésie.
Informations pratiques
L’accès aux visites et aux ateliers est gratuit et sans réservation préalable (sous réserve de disponibilité). Un espace de restauration sera aménagé dans les jardins.
Pour des raisons de conservation, nous vous informons que les végétaux (fleurs, couronnes, etc.), ainsi que les boissons et la nourriture, ne sont pas autorisés dans la salle.