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Date(s) - lundi 30 mars 2020 au mercredi 15 avril 2020
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Ivi poo ou poo, ornement en os marquisiens.

Ces ornements marquisiens cylindriques en os dont l’appellation de ivi poo ou poo est sujette à variation voire controverses,[1] étaient portés principalement par les hommes, en collier, autour de mèches de cheveux, ou servaient de décor pour de nombreux objets.[2] C’est le cas des contenants de bois comme les ipu hue – gourdes ; des – conques d’appel, et notamment des pū toka / pū tona les plus collectées ; ou encore des pahu – tambours ou des manches de tāhii – éventails.

 

Parfois simplement cannelés, les ivi poo comportent souvent sur leur face avant un tiki à la tête surdimensionnée et aux jambes presque toujours absentes. Ces tiki ivi poo reprennent les traits des tiki de pierre avec de larges yeux, un nez épaté et une bouche allongée. Rarissimes sont cependant « les exemplaires figurant les canons de la statuaire marquisienne en trois parties, tête, tronc, jambes ».[3]

S’ils ne sont jamais tout à fait identiques, leur face arrière est celle qui offre le plus de variations présentant un motif particulier en léger relief, ou répliquant celui de la face de manière schématique.[4]

S’il semble que ces ornements aient été taillés dans des os longs d’humains d’ennemis ou de parents, tel que l’humérus ou le fémur, les interdictions de pratiques telles que les sacrifices humains ont modifié la fabrication et l’usage de ces objets en remplaçant l’os humain par un os d’animal.

On leur attribue une fonction protectrice, supposant qu’il s’agissait d’os d’un parent défunt. Comme tous les tiki marquisiens, les tiki ivi poo représentent des ancêtres déifiés, êtres honorés pour s’assurer de leur assistance dans les tâches importantes et dans l’abondance de nourriture.[5] Ces images ancestrales puissantes pourraient aussi avoir servi de gardiens pour l’individu qui les portait ou pour des objets qu’elles ornaient.[6]

 

En os d’ennemis portés par les toa – guerrier, au crâne partiellement rasé, enfilés dans des mèches de cheveux, ils auraient signifié une dette à venger.[7]

Chargés du ‘ihi – essence de l’être et du mana associé, les tiki ivi poo comprenaient souvent des motifs tapu figurant sur leurs dos ou leurs joues.

Le Musée de Tahiti et des Îles – Te Fare Manaha conserve plusieurs tiki ivi poo, souvent présentés lors de nos expositions temporaires, C’est le cas du plus petit exemplaire de nos collections, visible dans la vitrine des dernières acquisitions de l’exposition Tupuna Transit.

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[1]Tara Hiquily, « Poo, perle en os humain, » in Tara Hiquily et Christel Vieille-Ramseyer, eds. Tiki. Pirae : Au Vent des îles, 2017, 182.

[2]A. J. von Krusenstern, Voyage round the World in the Years 1803,1804,1805 and 1806 (London: J.Murray, 1813), 162-180; David Porter, Journal of a Cruise (Annapolis: Naval Institute Press, (1815) 1986), 338.

[3]Hiquily, « Poo, » 182.

[4]Michel Panoff, ed. et al. Trors des îles Marquises (Paris> Réunion des Musées Nationaux, 1995), 114.

[5]Eric Kjellgren,et Carol Ivory, Adorning the World: Art of the Marquesas Islands (New York : Metropolitan Museum of Art, 2005), 47.

[6]Ibid.

[7]Karl von den Steinen, Les Marquisiens et leur art, volume II – La plastique (Tahiti: Au vent des îles; Musée de Tahiti et des îles – Te Fare Manaha, 2016), 262.