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Date(s) - mercredi 25 mars 2020 au lundi 6 avril 2020
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Les paè kaha / paè kea sont des ornements de tête marquisiens constitués de plaques de coquillages (conus) et d’écaille de tortues gravées et d’attaches en fibre végétale (bourre de coco). Parfois, comme ici, des boutons de nacre rehaussent l’ensemble. Tous ces matériaux précieux et rares impliquent un usage réservé aux personnages de haut-rang, qui les associaient parfois à une aigrette en barbe de vieillard pavahina.

Pour obtenir leur forme incurvée, les plaques d’écaille de tortue étaient emballées dans des feuilles de noni puis chauffées au feu.[1] Finement gravées, elles présentent ici différentes combinaisons autour d’un modèle central de motif de tiki. L’alternance de matériaux avec celles de coquillages magnifie l’harmonie de l’ensemble. Chaque élément de ces coiffes, des liens aux boutons, était finement ouvragé, ajoutant à la beauté de l’ensemble.

Ces parures, portées par les guerriers toa, les chefs hakaiki, et les danseurs masculins,[2] notamment pendant les fêtes,[3] « valorisent et protègent une des parties les plus sensibles, précieuses et tapu de l’individu » : la tête, « siège du mana ».[4]

Les tiki représentés renvoient probablement aux ancêtres tutélaires du porteur, indiquant une vocation protectrice de l’individu, ainsi que de sa lignée. Ces ornements étaient en effet la propriété d’une famille, plutôt que d’un seul individu, et ainsi transmises de génération en génération.[5]

Selon E.S.C Handy, les paè kea étaient spécialement fabriqués à Hiva Oa, puis échangés ensuite avec les îles du Nord de l’archipel.[6] C’est le cas d’un des trois exemplaires conservés au Musée de Tahiti et des Îles – Te fare Manaha. Un autre, également typique de Hiva Oa, peut être admiré dans l’exposition Tupuna Transit. Vous les retrouverez tous deux dans le parcours d’exposition permanente, une fois le nouveau musée achevé !

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[1] Eric Kjellgren,et Carol Ivory, Adorning the World: Art of the Marquesas Islands, New York : Metropolitan Museum of Art, 2005, p. 66.

[2] Ibid., 67.

[3] E.S.C. Handy, The Native Culture of the Marquesas, Bernice P. Bishop Museum Bulletin 9 (1923), p. 283.

[4] Pierre Ottino-Garanger, « Paepae et paè kaha, quels liens, quelle symbolique ? », 154 in Tara Hiquily et Christel Vieille-Ramseyer, eds. Tiki. Pirae : Au Vent des îles, 2017.

[5] Handy, The Native Culture of the Marquesas, p.283.

[6] Ibid.