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Date(s) - mercredi 25 mars 2020 au lundi 6 avril 2020
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La pagaie cérémonielle, ou hoe en polynésien, semble avoir été utilisée comme « pagaie de danse » lors des cérémonies, ou un emblème de pouvoir réservé aux chefs, destiné à diriger symboliquement la pirogue ou le groupe.

Malgré l’absence de témoignage sur son utilisation, on peut affirmer que sa fonction est plus représentative que fonctionnelle. La taille de la pagaie – manche fin et court, poignée volumineuse, jonction fragile entre le manche et la pelle – ne permet pas une utilisation traditionnelle de l’objet.

Rares sont les exemplaires taillés dans un bois dense et gravés à l’aide d’outils archaïques, car la plupart de ces pagaies sont en bois tendre et clairement décorées de motifs obtenus avec des outils métalliques. Même si les motifs sont récurrents et appartiennent à un répertoire précis, chaque pagaie est décorée de manière différente et unique.

Les sculpteurs utilisaient 5 principaux motifs, gravés en bandes : une succession de triangles, le motif « dent de requin », soit une succession de petits triangles équilatéraux évoquant des dents de scie ; des cercles simples ou dentelés ; une série de V se transformant en zigzags ou reliés en chevrons ; enfin, une succession de X séparés ou non par une barre verticale, qui symbolise de manière très stylisée la figure de l’Homme. Chaque chevron représente un individu et leurs successions pourrait symboliser les générations. La forme la plus aboutie de la stylisation géométrique est l’imbrication de chevrons, qui pourrait également évoquer la lignée des ancêtres.

Si les pagaies cérémonielles étaient confectionnées dans toute la Polynésie, c’est à Ra’ivavae dans l’archipel des Australes qu’elles ont connu un essor florissant. Au cours du XIXe, la production s’intensifie avec l’arrivée des Occidentaux et les pagaies cérémonielles deviennent un objet d’échange. Les motifs deviennent plus grands et moins précis et leur réalisation moins soignée témoigne de leur vitesse d’exécution.

Cette pagaie cérémonielle dite de Ra’ivavae a certainement eu une fonction de prestige au vu de l’abondance de son ornementation et de sa remarquable qualité d’exécution. Ces motifs géométriques sont la marque de fabrique des Australes. La pale est gravée de motifs en croisillons délimités par des lignes droites en son contour. Le manche accueille des séries de triangles dans sa partie inférieure ainsi que des motifs en X séparés par une barre latérale, stylisation de la figure humaine, dans sa partie supérieure. Le pommeau est agrémentée de deux personnages se tenant dos à dos. Il s’agit de tiki reconnaissables par leur visage disproportionné, ici en triangle, leurs jambes fléchies et les mains posées sur le ventre. L’ensemble de leur corps est recouvert de triangles incisés et les genoux sont ornés de motifs circulaires et solaires.