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Date(s) - mercredi 25 mars 2020 au lundi 6 avril 2020
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Pahī de la fin du XIXe siècle aux Tuamotu, une embarcation à voile sans balancier


Quatre embarcations à voile sans balancier ont été observées par l’ethnologue américain K. Emory en 1930 aux Tuamotu, dans l’aire géographique de Vāhitahi : les deux premières à Vāhitahi même, une autre à Nukutavake et la dernière à Akiaki. Celle-ci fut donnée au Musée de Pape’ete par l’ethnologue en 1931. Les ligatures et les bancs délabrés ont été remplacés à l’occasion d’une restauration effectuée en 1951 par deux constructeurs de pirogues pa’umotu. De nos jours, elle est en exposition permanente au Musée de Tahiti et des îles.
Dotées de gréements semblables à ceux des cotres européens, ces embarcations, imitation de baleinières à voile, étaient pourtant construites suivant des techniques purement pa’umotu. Elles étaient destinées au transport inter-îles et étaient désignées par le terme pahī, auparavant réservé aux grandes pirogues doubles. Par ailleurs, la tradition orale pa’umotu fait de nombreuses références à des embarcations sans balancier avant l’époque du contact avec les Européens.


 

La ressemblance avec les pirogues à balancier de la même région est frappante, bien que ces dernières possédaient une largeur de coque proportionnellement moins prononcée. Également dotées d’extrémités tripartites, que l’on retrouvait de manière uniforme dans les grandes pirogues doubles pa’umotu, ces embarcations avaient une longueur oscillant entre 7 m et 10 m, et une largeur entre 1,80 m et 2,3 m. Des membrures d’une seule pièce, généralement au nombre de cinq, rigidifiaient l’ensemble. Directement disposées au-dessus des membrures, les banquettes pouvaient accueillir jusqu’à 30 passagers.
Le barreur était assis seul à l’arrière et manœuvrait une puissante pagaie-gouvernail fixée par une ligature sur un pieu pivot planté au milieu du bau arrière.
Selon les informations recueillies par K. Emory, l’une des deux embarcations de Vāhitahi était nommée Vaoroa-ia-raka ou plutôt Vaoroka-ia-raka, tandis que l’autre avait été construite en réutilisant de nombreux éléments d’une ancienne pirogue double.
Construite à Akiaki vers 1880, l’embarcation du Musée de Tahiti et des îles n’était déjà plus en condition de naviguer en 1930, contrairement à celles de Vāhitahi et de Nukutavake qui étaient encore en parfait état et toujours en service.

Tara Hiquily