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Date(s) - lundi 13 avril 2020 au jeudi 30 avril 2020
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Les ornements font partie des pièces remarquables que comprennent les collections du Musée de Tahiti et des Îles. Ces objets fascinent pour leur finesse et leur beauté et inspirent encore aujourd’hui les créateurs polynésiens.

Dans leur vie quotidienne, les Polynésiens en portaient assez peu. Les voyageurs européens, dont Joseph Banks au XVIIIe siècle, rapportent cependant que les femmes se paraient quotidiennement de fleurs à l’oreille et de couronnes. Il semble que les ornements prestigieux étaient majoritairement portés par les hommes de haut rang lors d’événements importants. Ils arboraient alors des parures somptueuses, composées de matériaux rares chargés d’une symbolique forte.

Aux Îles de la Société et aux Australes, de splendides pectoraux en nacre et fines tresses de cheveux, objets de prestige, étaient réservés à l’élite. Dans ce dernier archipel, l’os de baleine sculpté servait aussi à la réalisation de pendentifs ornant des colliers de cheffesses. A Maupiti, Huahine (Iles de la Société) aux Marquises et aux Gambier, des dents de cachalots étaient également portées en collier. Les grands guerriers tahitiens portaient aussi de grands plastrons taumi aux rangées de plumes, nacre, poils de chiens et dents de requins savamment assemblées.

Taumi conservé au ©British Museum

L’archipel des Marquises s’illustrait par des parures particulièrement variées. Une diversité que les collections du Musée de Tahiti et des Îles reflètent au travers des coiffes paè kaha / paè kea, les coiffes en plumes peue tuetue et heikua, les ornements en os ivi poo, ainsi que les ornements d’oreille en ivoire marin haakai, pū taiana / taiata ou les kouhau en bois.

 

 

Autre forme de parure corporelle, le tatouage – tatau en tahitien, présent dans tous les archipels, ornaient les Polynésiens dès l’adolescence, dans une dimension spirituelle et rituelle mais également esthétique. Aux Marquises, le développement et de cet art du patutiki et l’ampleur qu’il prenait sur les corps fascina immédiatement les voyageurs occidentaux. Cette fascination donna lieu à une grande partie du travail de l’ethnologue allemand Karl von den Steinen dans l’archipel en 1897, qui s’adonna à un recensement scrupuleux des motifs. Son ouvrage Les Marquisiens et leur art, et particulièrement son volume dédié au tatouage, joua un rôle significatif dans le renouvèlement de l’essor de cette pratique à partir des années 1980.

Voir l’édition française de 2016 de K. Von den Steinen, réalisée par le Musée de Tahiti et des îles en co-édition avec Au Vent des îles.